Repas à l’esprit du vin à Albi le 8/10/06 avecJacques Prandi, Vincent Mercier, Eric Fonta, Michaël Moïsseff, Michel Belin, Laurent Saura, Christophe Jallot, Fabrice Beaugrand.
Le repas
- Brandade de morue - Consommé de crevettes et œuf de caille - Tartine de pied de cochon à l'huile de truffe blanche et copeaux de parmesan - Dessus dessous de foie gras, foie gras marbré de figues sur un pain d'épices - Gambas poêlées sur un lit de carotte au beurre de vanille - Filet de bœuf sur une poêlée de cèpes - Moelleux au chocolat, glace à la marmelade d'orange et crème anglaise à l'orange.
Les vins Cava Albet i Noya : 12,5/20 A base de chardonnay, xarel-lo, parellada. Effervescence tumultueuse, verte, revêche. Pas cher mais rusticité à oublier (on avait en revanche apprécié le cava de Giro Ribot, bien réalisé : 15/20).
Le mois dernier, escapade de fin de semaine en couple. Objectif : les civettes genevoises !!
Mais d'abord, un arrêt magique pour le vendredi soir avec nuit sur place à Vonnas chez Georges Blanc. Accueil avec champagne dans la chambre (le champagne étiquetté "Georges Blanc" élaboré par Lanson : correct, sans plus) et un demi-tasse d'El Rey del Mundo (l'accord "parfait" selon Min Ron Nee dans sa fabuleuse "Encyclopédie des Havanes"). Repas sublime typique de la Bresse : crêpes vonnassienne, minute de bar, poulet de la Bresse à l'ail confit et ananas victoria, le tout encore et toujours arrosé au Champagne "maison" (le blanc de blanc présente une finesse et une matière supérieure). La fin de soirée fut conclue sur un Piramides EL2001 de Cohiba pour ma part (un cigare riche, opulent mais en finesse) pour ma part et un Petit Robusto Hoyo de Monterey pour ma moitié... Outre la très grande cuisine, nous avons apprécié le service efficace, professionnel et attentionné, mais surtout très convivial, sans "chichis". Dommage que la pluie nous a empêché de goûter aux installations des lieux (piscine...)
Samedi matin, départ pour Genève. Première halte chez M. Rios de GestoCigars. J'avais préparé ma liste et j'ai trouvé ce que j'attendais en achat de boîtes, notamment un boîte de demi-tasse d'El Rey del Mundo de 1990 !!
C'est le titre "alarmiste" du site du comité de soutien margaux-danger.com qui lutte contre un projet récurrent de contournement mettant en péril le vignoble :
Le préfet de la Gironde vient de rendre public le projet de contournement autoroutier de Bordeaux : 3 des 5 faisceaux retenus viennent, soit couper en deux l'appellation Margaux, soit la ceinturer, en empiétant sur des terroirs de très haute qualité, classés ou proposés au classement en AOC Margaux.
A l'heure où développement touristique et viticole marchent de pair, ce projet vient handicaper lourdement le développement économique de notre région et son équilibre écologique avec des emprises sur les zones humides protégées, indispensables au bon fonctionnement de nos terroirs. Des terroirs uniques au monde tels ceux de l'appellation Margaux ou des crus célèbres du Haut-Médoc se verront ainsi amputés, dans une atteinte intolérable au patrimoine culturel français dans ce qu'il a de plus emblématique...
Des visiteurs viennent du monde entier par la «route des châteaux» pour rayonner dans le vignoble, les services de l'Etat, visionnaires, ne trouvent pas mieux que de ceinturer ou couper en son milieu ce fleuron mondial de la viticulture. A quand une autoroute dans les jardins du palais de Versailles ?
Un parcours mirobolant et quelques échos (13/05/06). Et surtout un grand merci à notre hôte pour sa générosité oenophile...
Champagne Krug 1985 : 18/20 Le nez constitue un véritable réservoir de senteurs grisantes (crème à l'orange, épices (anis, cumin, badiane), pamplemousse, minéral subtil, safran, miel). Bouche raffinée, précise, très complexe. Bulle fine, presque trop estompée. Dommage qu'elle manque d'un peu de tonus (donc d'allonge) en finale.
Meursault Narvaux Coche-Dury 2000 : 18,5/20 Nez mûr, gras, expressif et fruité, déployant des senteurs multiples : romarin, pomme cuite, réglisse, curry, amande amère, ananas rôti. Peu à peu, le vin développe son énorme caractère légèrement grillé (le style de la maison). Bouche concentrée sans faille (la puissance de sa sève s'accorde bien au plat de rouget).
Super voyage samedi à Reims samedi dernier organisé par mes soins en compagnie de quelques membres du club Pour une poignées de Cigares. En terre champenoise, le matin et le début d'après midi étaient consacrés surtout aux bulles, l'après midi et la soirée aux volutes... Nous avons d'abord été superbement reçus chez Francis Boulard, producteur indépendant qui développe depuis plusieurs années une démarche qualitative forte. Nous avons eu droit au grand jeu : visite du vignoble (toujours passionnant de constater les différences flagrantes de soins dans les vignes... qui se retrouvent dans le verre), dégustation des vins tranquilles sur fûts, puis dégustation de la totalité des cuvées de la maison. Les variations de terroirs et d'assemblages sont marquées et donnent à cette palette de cuvées des plaisirs différents selon les instants (l'apéritif, le repas léger ou plus copieux, etc.).
Ganesh da Capo : Clos de Vougeot 2003. Dégustation du 28/03/2006
Le contexte - Les vins sont carafés 2 heures avant la dégustation et servis à température. - L’ordre de service est aléatoire et les vins sont goûtés à l’aveugle mais découverts en 2 séries de 7. - Participants : Philippe Lagarde, Eric Cuestas, Cédric Dupeyre, Jean-Luc Germain, Serge Pons, Matthieu Cosse, Michel Belin, Annie Ortet, Jacques Prandi (JP), Pascal Perez (PP). Laurent Gibet (LG). - Dégustation préparée par Pascal Perez, accueillie ce soir par Philippe Lagarde au « Tire-Bouchon ». - Les commentaires de dégustation sont synthétisés par Laurent Gibet.
Les vins
1. Clos-Vougeot – Château de la Tour – Vieilles Vignes 2003 : JP14,5/15 – PP14,5 - LG14 - Robe très dense. - Notes mûres de fruit, de fleurs et d’épices masquées par un boisé encore présent. L’ensemble est sans classe. - Bouche plutôt compotée (liqueur de cerise, de mûre), corsée, malheureusement assez terne et plate. Alcool sensible.
Encore une belle dégustation en aveugle avec le club Pour une Poignée de Cigares sur le thème des churchills et autres double coronnas, pour découvrir en aveugle le Churchills de Luxe de Partagas. Le superbe bar "W" (refait à neuf) de l'hôtel Warwick à Paris nous accueille en ce début du mois de mars 2006. Nous sommes 14 dégustateurs. Le cigare est dégusté en aveugle sans aucune indication. Il n’est pas bagué. Le module churchill est rapidement identifié.
Apparence... Le cigare présente une très belle cape, claire (colorado voire claro). Le toucher est doux, souple, avec un caractère nervuré peu prononcé. On regrette le peu de gras. La rondeur parfaite de la vitole laisse penser à une livraison en cabinet. La tête est très bien finie. Le remplissage est satisfaisant, dense, sans irrégularité flagrante. L’odeur du cigare est étonnamment très discrète, mais délicate, sur des parfums de fougères au niveau de la cape, avec un pied poivré, sur le cuir. L’apparence est donc « sérieuse » dans un style quelque peu à l’ancienne, très bien construit.
Une heureuse tablée de 19 convives a pu déguster 30 échantillons en 8 séries de Volnay de 2003 à 1959. Parmi eux : vignerons, oenologues, responsable qualité des maisons de vins, anciens, jeunes et bien entendu décéiens!
Nous avons pris le temps de disséquer chacun de ces crus à l'aveugle, par série thématique, pour comprendre leur valeur et leur terroir. Car le village me paraît depuis très longtemps être un des plus grands des trois Côtes. On sait peu qu'historiquement (17°/18° siècle) il se plaçait en tête des vins du Beaunois et ne cédait son extrême qualité à aucune cuvée de Corton ou de Chambertin. On sait encore moins parmi les vignerons du village que les meilleurs crus de la commune sont tout bonnement au sommet qualitatif potentiel de Bourgogne. Une discussion avec l'un de ses meilleurs vigneron juste avant la dégustation m'a d'ailleurs convaincu que l'imaginaire collectif de ses producteurs ne correspond pas à la valeur intrinsèque des meilleurs climats.
J'affirme sans la moindre ambiguïté qu'il existe au moins trois finages à Volnay qui méritent - par leur complexité, leurs race, leur allonge et leur capacité de vieillissement - de figurer parmi les 10 meilleurs grands crus de Bourgogne. Je demande vraiment au vigneron qui me lisent de croire - sans le moindre doute possible - qu' il est permis de produire sur ces terres de l'oxfordien des crus d'une densité hors du commun. Très très loin des archétypes peu colorés, fluets et féminins qui semblent correspondre à l'image d'Epinal de ce Cru. Volnay serait aussi fin et délicat que Pommard puissant et rude...une inimaginable erreur de jugement véhiculée par des générations d'écrivains se copiant sans cesse au fil des décennies voire des siècles.
Le temps est venu de mettre un coup de balais à ces préjugés en redécouvrant la richesse ahurissante de ces crus sous-estimés tout en évaluant objectivement leur véritable potentiel. En ces temps ou des vins de pays surgit de nulle part peuvent se vendre dix fois le prix d'un très grand cru de haute lignée, il faut militer pour remettre à l'honneur la vraie nature des Champans, Caillerets, Chevrets, Fremiets, Santenots et autres... Vous lirez - je l'espère - le compte rendu et les conclusions de la dégustation des crus qui suivent ci dessous en observant que nous n'avons pas évité les petits millésimes tout en resserrant nos principales investigations sur 4 crus principaux, isolés arbitrairement pour éviter les effets de dilution des conclusions. Je peux d'ores et déjà signaler que sur les vins dégustés plus de 80% méritaient une note supérieure à 90. Tous les convives sont sortis convaincus !